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TitleLe rôle des forêts dans la transformation vers une économie verte en Afrique
LanguageEnglish
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                            Green Economy Cover-FRENCH
Forests in Green Economy in Africa-FRENCH-UNEP_kl_UNEP_kl
                        
Document Text Contents
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Le rôle des forêts dans
la transformation vers
une économie verte
en Afrique
________________
Maryanne Grieg-Gran, Steve Bass, Francesca Booker and Mike Day

UNEP

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Acknowledgements
Cette publication a été réalisée en partenariat avec le Programme de collaboration
des Nations Unies sur la réduction des émissions liées au déboisement et à la
dégradation des forêts dans les pays en développement (Programme ONU-REDD),
qui combine les capacités techniques de la FAO, du PNUD et du PNUE pour
soutenir les capacités des pays forestiers pour la préparation et la mise en œuvre de
la REDD +. Plus d’informations sont disponibles à www.un-redd.org.

Cette publication a été préparée en partenariat avec L’Institut international pour
l’environnement et le développement (IIED) promeut le développement durable,
en reliant les priorités locales aux défis mondiaux. IIED soutient certaines des
populations les plus vulnérables du monde pour mieux faire entendre leurs voix dans
la prise de décisions.Pour en savoir plus : www.iied.org.

Publié par le PNUE, août 2015
Maryanne Grieg-Gran, Steve Bass, Francesca Booker and Mike Day.
www.unep.org/publications
ISBN: 978-92-807-3533-8
Imprimé sur du papier recyclé avec des encres végétales.

Photo de couverture: NAMPULA, MOZAMBIQUE, Mai 2010: Green Resources s’est
vue allouer une concession de 100.000 hectares pour planter des eucalyptus destinés
à produire de la pâte à papier, du bois de construction et du charbon de bois.

© Mike Goldwater

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dans des primes sur les prix des produits labellisés FSC mais la société a trouvé
que la certification l aidait à conserver sa part de marché et à accéder à de
nouveaux débouchés. Elle a également souligné des bénéfices non
économiques considérables, en particulier l amélioration des relations avec les
communautés locales et les conditions de travail améliorées «De fait, le
processus révolutionne littéralement toute la philosophie de la société» (Rougier
et Clement, 2012 p.24). Pallisco-CIFM, qui a certifié la plupart de ses opérations
au Cameroun, rapporte un constat analogue en soulignant que la certification ne
se traduit pas par une prime sur les prix mais plutôt par des avantages en termes
d accès aux marchés; par ailleurs, la société souligne des améliorations en
termes d efficience et de réductions de coûts découlant des besoins de suivi et
d évaluation de la certification20.

Contrôle et octroi de permis locaux à la communauté
De nombreux appels ont été lancés pour céder le contrôle des forêts aux
communautés en reconnaissance de leurs droits traditionnels, en arguant que
cela déboucherait sur une meilleure gestion (Elson, 2012). Crucialement, cela
constitue la première étape dans la régularisation du secteur informel du bois
d . Le Cameroun donne un exemple approche avec
près de 400 000 hectares de forêts communales (et 400 000 hectares
supplémentaires en cours de classification), pour approvisionner 5 à 10 pour cent
des marchés nationaux du bois d et al., 2014). Toutefois, il y a des
difficultés majeures car le processus de classification est coûteux et lourd à gérer
et bien souvent les communautés n ont pas les capacités pour gérer des
entreprises forestières elles-mêmes ou pour négocier de manière efficace avec
les compagnies forestières obtenir un traitement équitable (Angu Angu,
2007).

Une approche analogue est souvent proposée pour la gestion des forêts qui
servent à se procurer du bois de feu soit dans le cadre de forêts communautaires
polyvalentes soit comme zones d approvisionnement dédiées. Le Kenya avec
ses associations de production de charbon de bois qui peuvent demander des
permis pour récolter le bois de feu et produire du charbon de bois, donne un
modèle de ce dernier cas de figure mais il y a eu des retards dans la délivrance
des permis et un manque de sensibilisation au sein des autorités et auprès des
producteurs et négociants à propos des nouvelles règles (Godfrey Wood et
Garside, 2014).

3.3.2 Forêts plantées et agroforesterie
Des partenariats entre petits et grands acteurs
On recense de nombreuses initiatives accroître la superficie des forêts
plantées tout en visant des performances socio-environnementales élevées. Cela
vaut pour chacun des quatre types d utilisation des forêts, qu il s agisse de
plantations industrielles, de plantations à petite échelle, ou d arbres sur une
exploitation, ou encore de plantation d enrichissement et de régénération


20 WWF GFTN Newsletter Pallisco-CIFM passes renewal audits to maintain FSC
certification till 2018 p.18
http://d2ouvy59p0dg6k.cloudfront.net/downloads/gftn_october_2013_newsletter_final.pdf

http://d2ouvy59p0dg6k.cloudfront.net/downloads/gftn_october_2013_newsletter_final.pdf

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naturelle assistée. Les principales questions ou les défis à relever consistent à
faire en sorte que les communautés locales puissent en bénéficier sachant que
les terres attribuées par les pouvoirs publics à des investisseurs à des fins de
plantations font souvent l objet de revendications informelles mais parfois
formelles par les communautés qui demandent un accès aux terres et aux
ressources. Le principal problème environnemental concerne le rôle des
essences exotiques à croissance rapide et le compromis ressenti entre les
rendements élevés et les impacts délétères sur la biodiversité et la disponibilité
des ressources en eau et autres services écosystémiques. Différents modèles
sont apparus pour s attaquer à ces deux questions et ils ont reçu à la fois des
éloges et des critiques.

Au Mozambique, la compagnie norvégienne, Green Resources, a adopté une
approche de responsabilité sociale d entreprise, en établissant une plantation
commerciale certifiée aux normes FSC d essences exotiques (eucalyptus et pins)
pour la production de bois de sciage et de poteaux électriques et pour la
génération de réductions des émissions de carbone par le biais du mécanisme
pour un développement propre (MDP) après validation par la norme de l Alliance
Climat, Communauté et Biodiversité21. Les bénéfices communautaires sont
l emploi, les investissements réalisés par la compagnie dans un programme
agricole et dans une école et l attribution de 10 pour cent des revenus du carbone
pour le financement d initiatives communautaires locales. Si les certifications
obtenues suggèrent les bons antécédents socio-environnementaux des
plantations, certaines ONG redoutent l impact des acquisitions de terres sur les
droits fonciers des communautés locales et l impact de l utilisation d espèces
exotiques22.

En Afrique du Sud, la société Mondi a adopté plusieurs approches, souvent
conjuguées, pour faire en sorte que les communautés locales tirent un bénéfice.
Ainsi, dans les forêts de Siyaqhubeka, Mondi a monté une co-entreprise avec
des agences gouvernementales et deux trusts communautaires, l un
représentant les communautés qui entourent les plantations, l autre les petits
planteurs locaux et elle a versé des dividendes à ces actionnaires23. Mais cela
aide les communautés à monter leurs propres entreprises dans la production
ligneuse et la chaîne de valeur forestière, ainsi que des initiatives
d investissement social dans la communauté24. Pourtant, cela n a pas été sans
soulever certaines critiques, par exemple, pour regretter que les initiatives
d investissement social profitent aux personnes mieux qualifiées, à l exclusion
des plus pauvres et des personnes sans qualification (Ojwang, 2009).

Dans d autres régions, Mondi, en réponse à des revendications foncières des
communautés (qui depuis 1994 ont le droit de réintégrer des terres dont elles ont
été expulsées), aide ces communautés à participer à des opérations forestières
en vue d en prendre finalement le contrôle au bout d au moins dix ans, une fois


21 http://www.greenresources.no/Plantations/Mozambique/Niassa.aspx
22 http://ejatlas.org/conflict/green-resources-as-niassa-project
23 http://www.saforestrymag.co.za/articles/detail/siyaqhubeka_forests_10_years_on
24 http://www.siyaqhubeka.co.za/page/new-generation-plantation

http://www.greenresources.no/Plantations/Mozambique/Niassa.aspx
http://ejatlas.org/conflict/green-resources-as-niassa-project
http://www.saforestrymag.co.za/articles/detail/siyaqhubeka_forests_10_years_on
http://www.siyaqhubeka.co.za/page/new-generation-plantation

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UNEP

Publié par le PNUE

L’Afrique atteint des taux de croissance élevés de son PIB
mais elle peine toujours à réduire la pauvreté et à créer
suffisamment d’emplois. Comme les économies africaines sont
fortement dépendantes des ressources naturelles, l’aptitude
à générer la croissance et à satisfaire des priorités de
développement plus larges dépendra de l’avenir de ressources
clés, comme les forêts. C’est la raison pour laquelle les
approches en faveur d’une économie verte sont de plus en
plus pertinentes pour l’Afrique. Ce rapport explore le rôle des
forêts dans la transformation de l’Afrique vers une économie
verte. Il entend présenter aux décideurs une argumentation
convaincante pour associer les forêts et la planification
REDD+ à des investissements et une planification en faveur
d’une économie verte.

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