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TitleFinancements novateurs et transformation économique en Afrique
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Il y a un consensus clair sur la nécessité de transformer structurellement les économies africaines.
Toutefois, comment financer cette transformation est une question sur laquelle on ne s’est pas
suffisamment penché. Les besoins en ressources financières nécessaires à la transformation structurelle,
qui passe notamment par la résorption des énormes déficits énergétiques et en infrastructures du
continent- condition sine qua non de l’industrialisation- sont énormes et bien établis. La quête de
solutions pour y répondre devient d’autant plus urgente que les sources traditionnelles de financement
du développement sont de moins en moins fiables et de plus en plus insuffisantes.

Face à l’ampleur des besoins en ressources nécessaires pour la transformation économique de
l’Afrique, les décideurs du continent doivent d’abord se concentrer sur les moyens d’attirer et de retenir
des sources intérieures de financement tant nouvelles que traditionnelles. Ils doivent en second lieu
élaborer des mécanismes innovants qui permettent d’exploiter des sources jusque-là inexplorées,
telles que les envois de fonds, l’épargne provenant de la réduction des flux financiers illicites, les fonds
de la diaspora, des contrats miniers mieux négociés et l’élargissement de la marge d’action budgétaire
de l’Afrique. Le programme de transformation du continent doit être de plus en plus financé par
des ressources financières mobilisées localement, complétées plutôt que soutenues par des sources
externes.

Le présent ouvrage porte sur cinq domaines thématiques de financement du développement pouvant
répondre aux besoins de l’Afrique en sources nouvelles et novatrices pour financer son programme
de transformation économique. Il s’agit des domaines suivants: mobilisation de ressources internes,
épargne provenant de la réduction des flux financiers illicites, fonds de capital-investissement,
financement climatique et nouvelles formes de partenariat. Ces sources offrent la possibilité de
réduire considérablement la dépendance de l’Afrique à l’égard du financement externe et d’obtenir les
fonds dont le continent a besoin pour mettre en œuvre des programmes de développement tels que
l’Agenda 2063 de l’Union africaine et le cadre de développement des Nations Unies pour l’après-2015.

9 7 8 9 9 9 4 4 6 1 5 3 0

ISBN 978-99944-61-53-0

Imprimé à Addis-Abeba (Éthiopie) par le Groupe de la publication et de l’impression de la CEA,
certifié ISO 14001:2004.

FINANCEMENTS
N OVAT E U R S et
TRANSFORMATION
ÉCONOMIQUE en

AFRIQUE
Édité par Abdalla Hamdok

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Chapitre 5 : Le financement de la lutte contre les changements climatiques : implications pour la transformation de l’Afrique

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Protocol de Kyoto, CCNUCC

Fonds pour
l’adaptation

Fonds vert
pour le climat

Protocole de Kyoto

Régime
commercial
international

Mécanisme de
développement
propre

Mécanisme de
mise en œuvre
commun

Instruments de
financement

Organismes
du FEM

Modalités
d’accès

Entités
nationales de

mise en œuvre

Entités
multilatérales de

mise en œuvre

Comité
permanent

Programmation par pays

Fonds pour
l’environnement

mondial

- Fonds pour les PMA
- Fonds spécial pour les
changements climatiques
- Faire de l’adaptation une
priorité stratégique
- Organismes du FEM

Figure 5.2 Sources multilatérales de financement de la lutte contre le changement climatique

Source: CEA, 2014.

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86

tandis que la Banque mondiale donne le chiffre
de 18 milliards de dollars par an entre 2010
et 2050. Les fonds sont utilisés pour financer
diverses activités telles que la préservation des
forêts (REDD+), l’adaptation au changement
climatique, le transfert de technologie, la
réduction des émissions de gaz à effet de serre et le
renforcement des capacités, sans nécessairement
viser les changements nécessaires pour passer à
un modèle de développement sobre en carbone.
De plus, la mobilisation effective des fonds est
une énorme difficulté car ces fonds sont très
complexes, très élevés et évoluent en fonction
de l’architecture actuelle du financement de
la lutte contre le changement climatique (voir
figure 5.2).

Les flux financiers et les goulets
d’étranglement
Actuellement, on distingue différents types
de flux financiers pour la lutte contre le
changement climatique, nationaux et
internationaux, auxquels les pays africains ont
accès (voir figure 5.2). Cependant, l’obtention
de ces fonds est difficile pour diverses raisons,
notamment l’insuffisance des arrangements
institutionnels, le manque d’information, de
transparence et de prédictibilité de la part des
partenaires de développement qui assurent le
financement de la lutte contre le changement
climatique. De plus, la complexité des
modalités d’accès à certains de ces fonds est un
goulet d’étranglement majeur qui demande,
de la part des pays concernés, des préparatifs
particuliers. Par exemple, deux pays africains
seulement (le Rwanda et le Sénégal) ont réussi à

obtenir un financement non programmé auprès
du Fonds pour l’adaptation. Sur plus de 10 pays
dont les entités nationales pourraient mettre en
œuvre des projets, ces deux pays sont les seuls à
obtenir ces fonds. Même une fois approuvés, les
modalités de versement et le cycle du versement
constituent des contraintes majeures pour la
bonne réalisation des projets.

Actuellement, les fonds mondiaux multilatéraux
et bilatéraux de lutte contre le changement
climatique s’orientent massivement vers la
réduction des émissions de gaz à effet de serre et ils
profitent à un tout petit nombre de grands pays
émergents dont les émissions de ces gaz ne cessent
d’augmenter : la Chine, l’Afrique du Sud, l’Inde
et le Brésil. Selon Climate Funds Update, depuis
2003, 17 % seulement des fonds approuvés ont
été alloués à des mesures d’adaptation, qui
sont pourtant la première priorité de l’Afrique
en matière de lutte contre le changement
climatique.

Répartition actuelle des fonds
versés à l’Afrique
S’agissant des investissements effectifs, de tous
les fonds versés jusqu’à présent toutes sources
confondues (le Fonds pour les pays les moins
avancés, le Programme pilote pour la résistance
aux chocs climatiques, l’Alliance mondiale pour
le changement climatique et le Fonds spécial
pour les changements climatiques), soit 395
millions de dollars, 44 % sont allés à des pays de
l’Afrique centrale, australe, de l’Est et de l’Ouest.
Plus précisément, de tous les fonds alloués à des
programmes nationaux d’adaptation, 56 %

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Commission économique pour l’Afrique: Financements novateurs et transformation économique en Afrique

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Il y a un consensus clair sur la nécessité de transformer structurellement les économies africaines.
Toutefois, comment financer cette transformation est une question sur laquelle on ne s’est pas
suffisamment penché. Les besoins en ressources financières nécessaires à la transformation structurelle,
qui passe notamment par la résorption des énormes déficits énergétiques et en infrastructures du
continent- condition sine qua non de l’industrialisation- sont énormes et bien établis. La quête de
solutions pour y répondre devient d’autant plus urgente que les sources traditionnelles de financement
du développement sont de moins en moins fiables et de plus en plus insuffisantes.

Face à l’ampleur des besoins en ressources nécessaires pour la transformation économique de
l’Afrique, les décideurs du continent doivent d’abord se concentrer sur les moyens d’attirer et de retenir
des sources intérieures de financement tant nouvelles que traditionnelles. Ils doivent en second lieu
élaborer des mécanismes innovants qui permettent d’exploiter des sources jusque-là inexplorées,
telles que les envois de fonds, l’épargne provenant de la réduction des flux financiers illicites, les fonds
de la diaspora, des contrats miniers mieux négociés et l’élargissement de la marge d’action budgétaire
de l’Afrique. Le programme de transformation du continent doit être de plus en plus financé par
des ressources financières mobilisées localement, complétées plutôt que soutenues par des sources
externes.

Le présent ouvrage porte sur cinq domaines thématiques de financement du développement pouvant
répondre aux besoins de l’Afrique en sources nouvelles et novatrices pour financer son programme
de transformation économique. Il s’agit des domaines suivants: mobilisation de ressources internes,
épargne provenant de la réduction des flux financiers illicites, fonds de capital-investissement,
financement climatique et nouvelles formes de partenariat. Ces sources offrent la possibilité de
réduire considérablement la dépendance de l’Afrique à l’égard du financement externe et d’obtenir les
fonds dont le continent a besoin pour mettre en œuvre des programmes de développement tels que
l’Agenda 2063 de l’Union africaine et le cadre de développement des Nations Unies pour l’après-2015.

9 7 8 9 9 9 4 4 6 1 5 3 0

ISBN 978-99944-61-53-0

Imprimé à Addis-Abeba (Éthiopie) par le Groupe de la publication et de l’impression de la CEA,
certifié ISO 14001:2004.

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ÉCONOMIQUE en

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