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238 SAHARA OCCIDENTAL

Bojador), vers l'année 1492, ii deux puissants seigneurs, au (1 comendador
mayor t) (le commandeur principal), Gonzalo Saavedra, et au seigneui des
Canaries, Diego Garcia de Herrera. Le litige concernant ces droits sur la côte
africaine entre lesdits seigneurs fut résolu au moyen d'un accord ou transaction,
qui permit au duc de Medina Sidonia de maintenir l'intégrité de sa domination.
après avoir payé une indemnité d'un million et demi de maravédis. Le roi
Henri IV a lui-mCme approuvé l'accord par brevet, du 10 avril 1464 (appendice 3
li i'annexe 2).

Maigre cette résolution le roi de Castille Henri IV établit une nette exception
pour le territoire de la Mar Pequeiia, peu de temps après. Par brevet signé A
Piasencia, le 6 avril 1468, confirma son vassal Diego Garcia de Herrera dans le
domaine seigneurial des îles Canaries et de la Mar Menor de Barbarie. La clause
la plus importante est la suivante :

(< Par ce privilkge je confirme la possession de toutes lesdites îles, avec la
Mar Menor, en Barbarie, au susdit Diego de Herrera et à ses successeurs
sous la forme sous laquelle elles leur avaient été données à lui et A ses
successeurs... f i (Appendice 4 A l'annexe 2.)

II est A signaler que la Mar Pequefia ou Mar Menor est une crique naturelle de
la côte ayant l'apparence d'une embouchure de fleuve, localisée au Puerto
Cansado, au sud de la riviére Chebika '. C'est & cet endroit concret de la côte ou
sera construite, au XVe siécle, la forteresse de Santa Cruz de Mar Pequefia.
Prernikrement on l'affecta comme possession du seigneur des Canaries, Diego
Garcia de Herrera, qui passa au continent africain et la bâtit vers l'année
1478 2.

9. Peu de temps aprks. le Portugal reconnut à la Castille la plénitude de
souveraineté sur la zone à laquelle nous nous référons, et signa le traité de
Tordesillas, le 7 juin 1494 (appendice 10 2i i'annexe 2). Presque simultanément le
pontife Alexandre VI, par sa bulle Inefjabiiis, expédiée à Rome le 13 février 1495,
concédait aux Rois Catholiques l'investiture des royaumes d'Afrique (appen-
dice 1 I A I'annexe 2).

Cet ensemble de circonstances favorables poussèrent les Rois Catholiques h
expédier un ordre signé Q Tortosa, le 29 mars 1496, ou ils chargeaient le
gouverneur de Gran Canaria, Alonso Fajardo, de reconstruire la tour de Santa
Cruz de Mar Pequefia, abandonnée quelque temps avant par les seigneurs des
Canaries. De cet ordre voici un de ses paragraphes :

{t tout ce que vous avez fait et répondu dans l'incident provoqué par dofia
Ynés Peraça est très bien fait ... ; et parce que ce qu'elle voulait entreprendre
était contraire li notre service et j. notre prééminence royale, Nous vous
ordonnons de ne pas lui donner lieu a le faire, et que lil OU elle voulait
construire la tour vous la fassiez construire vous-méme en notre nom afin
que de cette tour on puisse connaître des tributs et rançons car ces choses,
comme vous dites, Nous appartiennent A Nous ... >> (Appendice 12 A I'an-
nexe 2.)

Pierre de Cenival et Fran is de la Chapelle. (i Possessions espagnoles sur la cate
occidentale d'Afrique : Sania Pm de Mar P.quena ct I fni 9, dans Hespiris, t. XXI. en
1935, p. 19-78, et Paul Pascon, Les minesdilgourirde KhniJLr,provincede Tarfaya (S.mta
C w de Mar Pequefia), 1963, p. t-29.

2 Antonio Rumeu de Armas, Espoiia en Ajrica Atlaniica, Madrid, 1956, 1. 1, p. 107,
143 et 154, 155.

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10. Dans une étape préalable, i'ambassadeur Diego de Cabrera négocia en
1495, avec les tribus des alentours, leur soumission à l'Espagne et il régla cette
affaire brillamment. Un document de mars 1498 cite le fait dans ces termes :

cr Item. est-il dû à Diego de Cabrera pour services personnels, de 40 000
maravédis de rémunération annuelle, promise par le gouverneur au nom de
Leurs Altesses, pour concerter rachats et paix avec les Maures, services
accomplis par ledit Diego de Cabrera pendant sept mois passes a concerter
rachats et paix avec les Arabes ... s (Appendice 18 A l'annexe 2.)

II est bien connu que le paiement de parias ou tributs est la meilleure preuve de
la reconnaissance de la souveraineté de la part de celui qui se compromet à les
payer, conformément au droit en vigueur au moyen âge. Simultanément, Alonso
Fajardo reçut l'ordre royal de donner O seguro n aux tribus maures soumises,
c'est-A-dire promesse de protection. Le brevet correspondant est expédié il
Medina del Campo, le 22 juin 1497. Voici le texte d'un de ses paragraphes :

<i et afin que vous puissiez également garantir la sécurité et que vous la
garantissiez à tous les Maures, hommes et femmes qui Nous obéiront et
Nous donneront et paieront les <i parias )> qu'ils conviendront avec vous en
notre nom... i) (appendice 15 à I'annexe 2).

11. La reconstruction de la tour de Santa Cruz de Mar Pequefia eut lieu '
pendant l'été 1494. Les documents se rapportant à cette opération conserves aux
archives de Simancas sont si nombreux qu'il est impossible de les résumer (les
documents des appendices 12, 14, 15 et 18 à I'annexe 2 en fournissent quelques
exemples). Pendant cette première étape, la tour de Santa Cruz de Mar Pequefia
eut comme gouverneurs Lope Sanchez de Valenquela, 1498- 1500 (appendices 19
et 26 à l'annexe 2) ; Antonio de Torres, 1502-1503 (appendices 26, 29 et 30
a l'annexe 2) et Alonso de Escudero, 1503- 1504 1 (appendices 26 et 3 1 à I'an-
nexe 2).

12. I l faut signaler h cette période le brevet dicté le 25 août 1497 (i Medina del
Campo par les Rois Catholiques par lequel usant de leur souveraineté sur
l'Afrique ils déclaraient privilège régalien de la Couronne l'extraction et la vente
d'orseille, lichen précieux que l'on employait en teinturerie :

(i Nous avons appris que sur le territoirede notre conquête d'Afrique on a
trouvé une certaineorseilleet quecertaines personnes osent aller en prendre
sans avoir requ à cet effet ni ordre ni licence de notre part et en ont pris ; et
parce que ladite orseille Nous appartient et qu'elle est à Nous, Nous voulons
que personne ne se mêle d'y aller ni d'envoyer la prendre, l'enlever, ni
l'apporter, sauf la personne ou les personnes A qui Nous aurons donné une
licence h tel effet ... (Appendice 16 A I'annexe 2.)

Dans la meme intention, les Rois Catholiques s'étaient réservés, par leur
brevet du 28 février 1498, l'expédition de licences pour faire le commerce avec la
côte de Berbérie de la Mar Pequefia A Messa (appendice 17 à l'annexe 2).

13. L'action de l'Espagne sur des tribus insoumises habitant les territoires
compris entre les rivières Messa et Draa, et notamment sur celies de la vallée de la
rivière Noun ou Assaka, conduira A la soumission des cheiks d'un groupe
important de tribus qui peuplaient ce vaste territoire.

La fédération de cet ensemble de tribus formait une unité politique, connue

1 Rumeu de Amas, Espana en el Africa Atldntica, vol. 1, p. 215-247 et 399-410.

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Appendice 6 A l'annexe 3

(Extrait, p. 2-3.)

A travers les siécles. les invasions ont été du nord au sud et du sud au nord.
Berbères. Sanhaja et Zénétes. arabes non musulmans, Sanhajas voilés, Alrnora-
vides et Masmouda Almohades. Ce qui reste de ces mouvements. c'est l'islami-
sation des Berbères, des Maures et des grands nomades : mais aucune irnplan-
fation politique, aucune organisation pour administrer ces populaiions, ni même
pour les exploiter, quand les gens du sud qui nomadisaient misérablement dans
les espaces sahariens ont connu les plaines du Maghreb el Aksa qui forment le
Maroc d'aujourd'hui, la douceur de la vie les a retenus. Leur mysticisme s'est
apaisé. Ils ont perdu le contact avec leurs pays d'origine.

Dans les régions désolées où vivent encore des musulmans exaltés, les sultans
du Maroc ont parfois lancé des raids vers le sud. mais ils n'ont jamais entretenu ce
qui constitue un Etat, c'est-à-dire une administration permanente, bonne ou
mauvaise. Et tes habitants n'ont jamais manifesté durablement la volonté de
dépendre du souverain marocain en tant que chef temporel.

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