Download DISSENTING OPINION OF JUDGE TANAKA On 4 November 1960, the Governments of Liberia PDF

TitleDISSENTING OPINION OF JUDGE TANAKA On 4 November 1960, the Governments of Liberia
LanguageEnglish
File Size9.8 MB
Total Pages150
Document Text Contents
Page 1

DISSENTING OPINION OF JUDGE TANAKA

On 4 November 1960, the Governments of Liberia and Ethiopia
(hereinafter referred to as the "Applicants") submitted an Application
to this Court to institute proceedings against the Union of South Africa,
now the Republic of South Africa (hereinafter referred to as the "Res-
pondent"). The Respondent filed four preliminary objections relating
to the jurisdiction of the Court. These objections having been dismissed
by a Judgrnent dated 21 December 1962 and the written and oral
pleadings on the merits being completed, the Court has now to decide
on the submissions of the Applicants presented to the Court in the
Memorials and amended by the Applicants during the course of the oral
proceedings (on 19 May 1965).

One of these preliminary objections rejected by the 1962 Judgment
was the third preliminary objection which related to the nature of the
dispute brought before the Court by the Applicants, namely to the
question of the existence of their legal right or interest. This matter
again, at this stage of the proceedings, has been taken up by the Court
and examined, but from the viewpoint of the merits.

Here, attention must be drawn to the Court's characterization of
the question of the Applicants' legal interest, namely its statement
that "there was one matter that appertained to the merits of the case
but which had an antecedent character, namely the question of the
Applicants' standing in the present phase of the proceedings . . . the
question . . . of their legal right or interest regarding the subject-matter
of their claim, as set out in their final submissions".

The result is that the Applicants' claims are declared to be rejected
on the ground of the lack of any legal right or interest appertaining to
them in the subject-matter of the present claims and that the 1962
Judgment is substantively overruled concerning its decision on the third
preliminary objection.

Although we do not deny the power of the Court to re-examine
jurisdictional and oiher preliminary matters at any stage of proceedings
proprio motu, we consider that there are not sufficient reasons to overrule
on this point the 1962 Judgment and that the Court should proceed to
decide the questions of the "ultimate" merits which have arisen from
the Applicants' final submissions.

We are again confronted with the question whether the Applicants
possess a legal right or interest in the proper discharge by the Respondent,
as the Mandatory, of the obligations incumbent upon it by virtue of
the "conduct clauses" in the mandate agreement.

Page 2

OPINION DISSIDENTE DE M. TANAKA
[Traduction]

1

Le 4 novembre 1960, le Gouvernement du Libéria et le Gouverne-
ment de 17Ethiopie (ci-après dénommés les demandeurs) ont déposé
devant la Cour une requête introductive d'instance contre l'Union
sud-africaine, aujourd'hui la République sud-africaine (ci-après dénom-
mée le défendeur). Le défendeur a soulevé quatre exceptions préliminaires
relatives à la juridiction de la Cour. Ces exceptions ayant été rejetées
par un arrêt en date du 21 décembre 1962 et la procédure écrite et orale
sur le fond étant achevée, la Cour doit désormais se prononcer sur les
conclusions que les demandeurs lui ont présentées dans leurs mémoires
et qu'ils ont modifiées au cours de la procédure orale, le 19 mai 1965.

L'une des exceptions préliminaires rejetées par l'arrêt de 1962, la
troisième, concernait la nature du différend porté devant la Cour par
les demandeurs, c'est-à-dire la question de l'existence de leur droit ou
intérêt juridique. La Cour, au stade actuel de la procédure, a repris et
réexaminé cette question, mais du point de vue du fond.

Il y a lieu ici de s'arrêter sur la définition que la Cour donne de la
question de l'intérêt juridique des demandeurs, lorsqu'elle déclare:
<( il se pose une question relevant du fond mais ayant un caractère priori-
taire: elle concerne la qualité des demandeurs en la phase actuelle de
la procédure ... la question ... de leur droit ou intérêt juridique au regard
de l'objet de la demande telle qu'elle a été énoncée dans leurs conclusions
finales )).

En somme, on déclare rejeter les demandes pour le motif que les
demandeurs n'ont aucun droit ou intérêt juridique au regard de l'objet
de leurs demandes et l'on infirme en grande partie la décision prise dans
l'arrêt de 1962 sur la troisième exception préliminaire.

Nous ne contestons pas à la Cour le pouvoir de réexaminer de son
propre chef, à n'importe quel stade de la procédure, des questions
de compétence et autres questions préliminaires mais nous estimons
que les raisons manquent pour infirmer sur ce point l'arrêt de 1962
et que la Cour devrait trancher les questions touchant irréductiblement
au fond que soulèvent les conclusions finales des demandeurs.

Nous nous trouvons à nouveau devant la question de savoir si les
demandeurs possèdent un droit ou intérêt juridique à ce que le dé-
fendeur, en sa qualité de Mandataire, s'acquitte comme il convient
des obligations qui lui incombent en vertu des ((dispositions relatives
à la gestion)) figurant dans l'accord de Mandat.

248

Page 75

the practice of apartheid and tries to justify this practice from the dis-
cretionary nature of the Mandatory's power. The Respondent emphasizes
that the practice of apartheid is only impermissible when it is carried out
in bad faith.

From the viewpoint of the Applicants, the existence, and objective
validity, of a norm of non-discrimination make the question of the in-
tention or motivation irrelevant for the purposes of determining whether
there has been a violation of this norm. The principle that a legal precept,
as opposed to a moral one, in so far as it is not specifically provided
otherwise, shall be applied objectively, independently of motivation on
the Dart of those concerned and inde~endentlv of other individual
circimstances, may be applicable to thez~espondent's defence of bona
jîdes.

Here we are concerned with the existence of a legal norm or standards
regarding non-discrimination. It is a question which is concerned with
the sources of international law, and, at the same time, with the mandate
law. Furthermore, the question is intimately related to the essence and
nature of fundamental human rights, the promotion and encouragement
of respect for which constitute one of the purposes of the United Nations
(Article 1, paragraph 3, Charter of the United Nations), in which the
principle of equality before the law occupies the most important part
-a principle, from the Applicants' view, antithetical to the policy of
apartheid.

What is meant by "international norm or standards" can be understood
as being related to the principle of equality before the law.

The question is whether a legal norm on equality before the law
exists in the international sphere and whether it has a binding power upon
the Respondent's conduct in carrying out its obligations as Mandatory.
The question is whether the principle of equality before the law can find
its place among the sources of international law which are referred to in
Article 38, paragraph 1.

Now we shall examine one bv one the sources of international law
enumerated by the above-mentioned provision.

First we consider the international conventions (or treaties). Here
we are not concerned with "special" or "particular" law-making bilateral
treaties, but only with law-making multilateral treaties such as the Charter
of the United Nations, the Constitution of the International Labour
Organisation, the Genocide Convention, which have special significance
as legislative methods. However, even such law-making treaties bind
only signatory States and they do not bind States which are not parties
to them.

The question is whether the Charter of the United Nations contains
a legal norm of equality before the law and the principle of non-dis-
285

Page 76

sant la pratique de l'apartheid et il s'efforce de justifier cette pratique par
le caractère discrétionnaire du pouvoir conféré au Mandataire. Il
souligne que l'apartheid n'est illicite que lorsque cette politique est pra-
tiquée de mauvaise foi.

Pour les demandeurs, l'existence et la validité objective d'une norme
de non-discrimination rendent inutile de se référer à l'intention ou aux
mobiles pour établir s'il y a ou non violation de ladite norme. On peut
appliquer à la thèse que le défendeur présente en arguant de la bonne
foi le principe d'après lequel un précepte juridique doit, à la différence
d'un précepte moral et sauf indication contraire, être appliqué objecti-
vement et indépendamment des mobiles des intéressés et autres circons-
tances particulières.

Nous devons nous arrêter sur la question de l'existence d'une norme
ou de ((standards 1) juridiques de non-discrimination. C'est une question
qui touche aux sources du droit international et en même temps au droit
des Mandats. En outre, la question est intimement liée à l'essence même
et à la nature des droits fondamentaux de l'homme, dont l'organisation
des Nations Unies s'est fixé pour objectif de développer et d'encourager
le respect (Charte des Nations Unies, article 1, paragraphe 3) et parmi
lesquels le principe de l'égalité devant la loi - principe qui, pour les
demandeurs, constitue l'antithèse de la politique d'apartheid - occupe
la première place.

La notion de norme internationale ou de cc standards » internationaux
peut être conçue comme se rattachant au principe de l'égalité devant
la loi.

Il s'agit de savoir s'il existe sur le plan international une norme
juridique concernant l'égalité devant la loi et si elle régit impérativement
le comportement du défendeur dans l'exécution des obligations qui lui
incombent comme Mandataire. Il faut rechercher si le principe de l'éga-
lité devant la loi figure parmi les sources de droit international visées
à l'article 38, paragraphe 1, du Statut de la Cour.

Nous passerons donc en revue les sources de droit international
mentionnées dans la disposition précitée.

Nous considérerons d'abord les conventions internationales ou les
traités internationaux. Il ne s'agit pas ici d'invoquer des traités bilaté-
raux (( spéciaux 1) ou (( particuliers 1) constitutifs de droit, mais seulement
des traités multilatéraux constitutifs de droit, tels que la Charte des
Nations Unies, la Constitution de l'organisation internationale du
Travail, la convention sur le génocide, qui revêtent une importance
particulière sur le plan législatif. Toutefois, ces traités constitutifs de
droit eux-mêmes ne lient que les Etats signataires et non les Etats qui
n'y sont pas parties.

La question est de savoir si la Charte des Nations Unies contient
une norme juridique d'égalité devant la loi et un principe de non-dis-

Page 149

modiiy the terms of the Mandate is a breach of Article 7, paragraph 1,
can be recognized as part of the dispute between the Parties which
existed prior to the Application in the sense that the claim constitutes a
development of the same dispute.

For the reason indicated above, the Applicants' Submission No. 9 is
not weU-founded.

(Signed) Kotaro TANAKA.

Page 150

les dispositions du Mandat, le défendeur à violé le premier alinéa de
l'article 7 peut être considéré comme relevant du différend qui a existé
entre les Parties avant le dépôt des requêtes, en ce sens que ce grief cons-
titue un élément du différend.

Pour les motifs exposés ci-dessus, la conclusion no 9 des demandeurs
n'est pas fondée.

(Signé) Kotaro TANAKA.

Similer Documents