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Fiche Prévention - A1 F 01 09 - © oppbtp 2009

Cette fi che donne des
indications de base pour

déterminer la stabilité
des parties d’ouvrages
en phases transitoires

et des équipements de
chantier sous l’action du

vent.
Dans tous les cas, les

zones du chantier sou-
mises à l’action du vent
doivent être évacuées

avant que les limites de
stabilité ne soient

atteintes.



NOTIONS GÉNÉRALES

L’action du vent sur un obstacle dépend de la confi guration générale de ce
dernier, elle se traduit par des surpressions et des dépressions s’exerçant
sur chacune des surfaces impliquées.

Action du vent sur une surface

Si l’on considère un fl uide en mouvement qui rencontre un obstacle (Fig. 1), schéma-
tiquement on peut matérialiser le mouvement de ce fl uide par une série de trajectoires
confondues avec les lignes de courant.

Les molécules de fl uides qui contournent l’obstacle sont freinées et créent à leur tour
un obstacle pour les molécules qui se déplacent sur une trajectoire voisine. La zone de
perturbation qui part du bord de l’obstacle, pour rejoindre la première ligne de courant
non perturbée, porte le nom de couche limite.

A : Point d’arrêt

Lorsque la vitesse du fl uide atteint une certaine valeur, les lignes de courants suivent
l’obstacle jusqu’à un point, dit point de décollement, où elles se séparent de celui-ci
(Fig. 2).

B : Zone de sillage

A l’arrière de ce point (ou aval) se forment des courants de retour et une zone d’écou-
lement non permanent, très perturbée, dite zone de sillage, due au décollement qui
engendre des dépressions. La zone de sillage n’existe pas, ou est extrêmement pe-
tite, à l’aval des obstacles profi lés à cet effet.

Dans le cas d’un obstacle non profi lé, une banche, par exemple, le décollement des
fi lets de fl uide (vent) se fi xe sur les arêtes.

Action du vent

1

Fig. 1
Ecoulement
d’un fl uide,
sans
décollement,
autour d’un
obstacle profi lé.

Fig. 2
Ecoulement
d’un fl uide, avec
décollement,
autour d’un obs-
tacle. Apparition
d’une zone de
sillage (aspira-
tion, dépres-
sion).

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Composantes de l’action vent

L’action du vent correspond à la résultante de tous les effets
ponctuels de celui-ci lorsqu’il rencontre un obstacle.

II exerce alors sur lui une action d’ensemble qui dépend :
a. des caractéristiques de l’air : masse volumique, visco-

sité, compressibilité,
b. de l’angle d’attaque du vent sur l’obstacle,
c. des pressions et dépressions sur les différentes parties

de l’obstacle,
d. des frottements du vent sur l’obstacle,
e. de la nature de l’écoulement autour de l’obstacle, qui

peut être : laminaire ou turbulent avec ou sans décolle-
ment,

f. des dimensions et de la forme de l’obstacle : profi lé ou
non,

g. de l’état de surface de l’obstacle (rugosité).

La composante de l’action du vent suivant la direction hori-
zontale, est dénommée force de traînée.

Conventionnellement, dans les règles de calcul, I’écoule-
ment est toujours considéré normal à la surface frappée
(Article III, 1,14 des règles NV.) engendrant ainsi une traînée
dont la direction est parallèle à la direction du vent.

Valeur de la force de traînée

La force de traînée est exprimée par la relation :

où T = C
t
. S . q

C
t
est le coeffi cient aérodynamique de la surface, ou cœf-

fi cient de traînée. Ce cœffi cient est fourni par les règles NV
« Neige et Vents », il dépend de la forme et des proportions
de l’obstacle (voir Fig. 3).

S est la surface nette, en m², ou surface de la projection du
contour apparent de l’élément considéré, sur un plan per-
pendiculaire à la direction du vent, y compris les nervures
saillantes, s’il en existe, déduction faite de la surface des
vides.

2

q est la pression dynamique, en Pa ou N/m², donnée par
la relation

ρ est la masse volumique de l’air en kg/m3
V est la vitesse du vent en m/s.

Pour air sec à 15°C et sous une pression de 1 013 hPa
(hecto Pascal) ou air de laboratoire :

- ρ = 1,225 kg/m3
- et q = V² / 1,63 (en N/m²)

Pour air saturé à 0°C et sous une pression de 1 040 hPa
(hecto Pascal) ou air à l’état transitoire extrême :

- ρ = 1,332 kg/m3
- et q = V² / 1,5 (en N/m²)

L’abaque de la Fig. 4 donne directement la pression glo-
bale « q » du vent en fonction de sa vitesse, pour C

t
= 1 et

C
t
= 1,75

Correction de site « ponctuel »

Les calculs de la pression du vent sont faits à partir de sa
vitesse mesurée par I’anémomètre en général placé en un
point culminant du chantier (souvent le sommet de la grue
à tour).

Mais la vitesse du vent ou le coeffi cient de traînée de l’obs-
tacle peuvent être modifi és par des conditions ponctuelles
sur le lieu de travail.

Par exemple, deux voiles de béton parallèles sont déjà
exécutés. Pour réaliser un voile entre les deux précédents
et perpendiculaire à ceux-ci, on place une première face
de banche. Le vent souffl e dans la direction des voiles pa-
rallèles. La banche sera soumise à un vent canalisé vers le
fond d’un goulot. II en résultera :

• une augmentation locale de la vitesse du vent,
• une majoration jusqu’à une valeur supérieure à 2 du

coeffi cient de traînée résultant.

Ces situations particulières doivent être prises en compte
lors de l’étude et de la rédaction du Plan particulier de
sécurité et de protection de la santé. 1

q = . p . V2
2

Fig. 3
Valeurs du coef-
fi cient de traînée
fournies par les
règles Neige et
Vent. Panneaux
pleins, lisses,
rectangulaires,
en contact ou
non avec le sol.

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VITESSES LIMITES

Vitesse de pointe

La détermination des vitesses limites doit se faire à partir
de la vitesse de pointe du vent. C’est l’effort apporté par la
vitesse de pointe du vent qui renversera une banche, une
pointe de pignon ou une grue.

Pour pouvoir agir à temps, il faut donc prévoir à l’avance
l’arrivée d’une rafale de vent dont la vitesse maximale ins-
tantanée est susceptible de renverser un équipement ou
une partie d’ouvrage.

II s’agit donc de disposer sur le site d’un anémomètre dé-
livrant un avertissement dès que le vent atteint un seuil
suffi samment bas pour laisser le temps non seulement
de placer le chantier en sécurité, mais aussi de s’informer
auprès des services de Météo France pour connaître les

prévisions des valeurs des vitesses de pointe sur le site
considéré.

L’exemple de la Fig. 5a montre l’enregistrement de la vi-
tesse moyenne sur 2 min et la Fig. 5b celui de la vitesse
instantanée :

• sur la Fig. 5a, la vitesse moyenne dépasse 2 fois
20 m/s dont une fois 22 m/s entre 8 et 9 heures,

• sur la Fig. 5b, la vitesse instantanée dépasse 20 m/s
déjà entre 7 et 8 heures (max. à 26 m/s) et atteint un
maximum de 32 m/s entre 8 et 9 heures.

Fig. 4
Pression du
vent sur un
obstacle

Fig. 5a
Vitesse
moyenne du
vent sur
2 minutes
(doc.

Météorologie

nationale -

1984)

Station : Villacoublay - le 8 février 1984

Fig. 5b
Vitesse
instantanée
du vent
(doc.

Météorologie

nationale -

1984)

Station : Villacoublay - le 8 février 1984

Coeffi cient de rafale

Puisque l’on détermine une limite de stabilité d’un équipe-
ment ou d’une partie d’ouvrage à partir du vent en pointe,
la vitesse moyenne du vent doit être inférieure ou au plus
égale au 2/3 de la vitesse en pointe.

L’Eurocode défi nit une pression dynamique de référence
(Qréf) à partir d’une vitesse de référence du vent (Vréf) qui
est une vitesse moyenne du vent sur 10 minutes, suppo-
sée mesurée à 10 m de hauteur en site plat et peu rugueux.

Dans les vérifi cations à l’état limite ultime, cette vitesse est
pondérée par un cœffi cient supérieur à l’unité.

Mesure de la vitesse de pointe sur chantier

Pour prendre les mesures convenables, il est nécessaire
de connaître la vitesse instantanée du vent sur le chantier.

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Fiche Prévention - A1 F 01 09 - © oppbtp 2009

Banches

Limite minimale de stabilité
La stabilité doit être assurée sous un vent de 85 km/h
(23,6 m/s), quelle que soit la direction du vent. [Norme
NF P 93-350 (1995)]

Le manuel d’instructions doit préciser les précautions
à prendre pour assurer la stabilité pour des vents supé-
rieurs à 85 km/h.

Le plan de travail est évacué avant que le vent n’at-
teigne des pointes de 72 km/h (vitesse moyenne du
vent inférieure à 50 km/h).

Limite de manutention des banches à la grue à
tour

cf. 2e point de la section « Grue à tour », ci-dessus.

4

VITESSES LIMITES USUELLES
ET LIMITE DE STABILITE DES
ÉQUIPEMENTS ET OUVRAGES DU
GROS ŒUVRE

Un appareil de mesure (anémomètre) doit être installé à
l’endroit le plus signifi catif du chantier, en général au som-
met de la grue à tour. L’affi chage de la vitesse du vent doit
se faire clairement sur un équipement placé dans le bu-
reau de chantier. Un préavertissement doit alerter le grutier
et la direction du chantier.

Grue à tour

Pour la manutention de charge dont la surface au
vent ne dépasse pas 1 m2 par tonne de charge utile.

La vitesse limite du vent de service est défi nie par le
constructeur depuis le 1er janvier 1995 dans la notice
d’instructions.

II s’agit d’une vitesse du vent en pointe, compte tenu
des rafales.

Au-delà de cette vitesse en pointe, la stabilité de la grue
ne peut être assurée que si la grue est en girouette.

Avant le 1er janvier 1995, la vitesse du vent limite de
service est de 20 m/s (72 km/h), en application des
normes NF E 52-081 (Octobre 1975) et NF E 52-082
(Octobre 1982).

Pour la manutention de charges dont la surface au
vent est supérieure à 1 m2 par tonne de charge utile.

Le constructeur donne dans la notice d’instructions la
vitesse limite du vent de service pour différents cas de
charge et de surface.

Ouvrages en maçonnerie

Sans dispositions particulières (mur en retour, dispositif de
stabilisation...) une maçonnerie de petits éléments de
20 cm d’épaisseur et de poids volumique 1400 kg/m3, est
autostable si la hauteur est inférieure à 1 m et si :

• vitesse du vent inférieure à 85 km/h (en pointe),
• cœffi cient de traînée de l’ordre de 1,6.

Dès que la hauteur libre de la maçonnerie dépasse 1 mètre,
des dispositifs de stabilisation doivent être mis en place.

Ouvrages en béton
(voiles et murs en béton banché)

La stabilité après décoffrage doit être vérifi ée par le calcul,
préalablement à l’exécution des ouvrages. Des moyens de
stabilisation complémentaires éventuels seront défi nis et
consignés dans le Plan particulier de sécurité et de protec-
tion de la santé (en fonction de la résistance du béton : ar-
matures supplémentaires, dispositifs de stabilisation, etc.)

Eléments préfabriqués

Tant au stockage qu’à la mise en œuvre, des moyens de
stabilisation doivent être défi nis et mis en place.

NOTA
Les banches dépassent toujours 1 m2/t.

DOCUMENTS À CONSULTER

SITES À CONSULTER

• Règles “Neige et Vent” NV 65
édition avril 2000

• Recommandations CRAM :
- R 406 (Prévention du risque de renversement des
grues à tour sous l’effet du vent)

- R 399 (Prévention du risque de renversement des
banches sous l’effet du vent)

• Consultation des centres de météo-
France
- Service de la communication et de la
commercialisation
1, quai Branly - 75340 PARIS CEDEX 07
Tél. 01 45 56 71 71

- Service central d’exploitation de la météorologie
31057 TOULOUSE CEDEX

• www.afnor.org
• www.inrs.fr
• www.meteo.fr

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