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Title65 Questions 65 Réponses Sur La Dette, Le FMI Et La Banque Mondial
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Loin d'apporter une solution au problème de la dette de tous les PED, l'initiative se plaçait elle
aussi d'emblée dans une démarche restrictive : elle ne s'appliquait qu'aux pays les plus pauvres
(revenu annuel par habitant inférieur à 865 dollars), qui avaient accès aux financements
concessionnels de l'AID (branche de la Banque mondiale) et à la Facilité du FMI pour la réduction
de la pauvreté et la croissance (FRPC). Seuls 81 PED répondaient à ce critère.

Mais cela était encore trop ! Deux conditions ont été ajoutées : l'endettement du pays devait
demeurer intolérable après application des mécanismes traditionnels d'allégement ; les pays
devaient avoir appliqué, selon la Banque mondiale, « �� �
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����%� ». Critère discutable puisque les politiques imposées par les institutions internationales
pour favoriser la croissance allaient fondamentalement à l'encontre de l'objectif de réduction de la
pauvreté. Voilà comment seulement 42 pays ont été sélectionnés pour participer à l'initiative :
Angola, Bénin, Birmanie, Bolivie, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Comores, Congo, Côte
d'Ivoire, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Guyana, Haïti, Honduras,
Kenya, Kirghizstan, Laos, Libéria, Madagascar, Malawi, Mali, Mauritanie, Mozambique, Népal,
Nicaragua, Niger, Ouganda, République centrafricaine, République démocratique du Congo,
Rwanda, Sao Tomé et Principe, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Tanzanie, Tchad, Togo,
Vietnam, Yémen, Zambie142#


En fait, l’initiative PPTE n’a pas réellement allégé le fardeau de la dette parce que ce n’était pas là
son véritable but. Derrière le but proclamé, se dissimulait un but inavouable : l’initiative PPTE se
limite à rendre soutenable la dette extérieure des PED concernés. En somme, les créanciers
officiels ont accepté de réduire légèrement la dette afin de mettre fin aux retards de paiement et
aux demandes de restructurations. Mais surtout ils ont profité de cette initiative pour imposer un
retour en force de la logique de l’ajustement structurel, fortement décriée depuis les années
1980. Avec l’initiative PPTE, les institutions de Bretton Woods et le G7 cherchaient à relégitimer à
la fois la logique néolibérale et leur position dominante en mettant de l’huile dans les rouages de
la mondialisation.




142 A l’origine, elle ne comportait que 41 pays, mais depuis, le Malawi a remplacé le Nigeria. Les Comores ont été ajoutées
un peu plus tard.

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Pour bénéficier d’un allégement de dette dans le cadre de l’initiative PPTE, les étapes sont
nombreuses et exigeantes, et nécessitent un temps démesurément long. Un vrai parcours du
combattant soumis au drill néolibéral.

Tout d’abord, les pays susceptibles d’y prétendre doivent, selon le FMI, « avoir un degré
d’endettement intolérable » et « établir des antécédents positifs dans la mise en œuvre de
réformes et de bonnes politiques économiques au moyen de programmes appuyés par le FMI et
la Banque mondiale ». Le pays concerné par cette initiative doit d’abord signer un accord avec le
FMI afin de mener pendant une période de trois ans une politique économique approuvée par
Washington. Cette politique s’appuie sur la rédaction d’un Document de stratégie pour la
réduction de la pauvreté (DSRP) [voir lexique]. Ce document, assez long à rédiger, est
intérimaire dans un premier temps. Il présente la situation économique du pays et doit préciser
dans le détail la liste des privatisations, les mesures de dérégulation économique permettant de
générer des ressources pour le remboursement de la dette d’une part, et comment, d’autre part,
les fonds résultant de l’allégement seront utilisés, notamment pour lutter contre la pauvreté. On
voit la contradiction que le DSRP fait porter par le pays concerné, puisque les mesures imposées
provoquent en fait une misère galopante pour la plupart des personnes.

Officiellement, le DSRP doit être rédigé « selon un vaste processus participatif », en collaboration
avec la société civile locale. Cependant, nombreux sont les exemples attestant que la consultation
de la société civile fut très parcellaire et sélective, beaucoup d'organisations n'ayant pas les
moyens techniques ou financiers de peser sur les discussions, notamment celles établies hors de
la capitale. D'autres, au contraire, étaient créées par des proches du pouvoir pour porter la parole
officielle et profiter de quelques crédits alléchants. Les pressions furent souvent intenses pour
parvenir rapidement à la signature d'un accord sans provoquer de remous, et en général, la
consultation fut bâclée pour permettre aux institutions internationales et aux dirigeants africains
de parvenir à leurs fins, comme le confirme le PNUD : « Prenons l’exemple du Burkina Faso, où la
participation à l’initiative PPTE et à la stratégie de réduction de la pauvreté a pris la forme d’une
réunion d’une heure et demie entre donateurs et organisations de la société civile143. »

Ainsi l'ajustement structurel a tout fait pour se parer de la caution de la société civile et affaiblir
ses critiques face aux mesures économiques qui étaient mises en place. Ce qui ressort surtout de
cette consultation factice, c'est que les mouvements sociaux ont été invités à se prononcer sur
l'affectation de quelques fonds bien modestes, mais les promoteurs de l'initiative PPTE ont pris
soin de ne pas leur laisser la possibilité de remettre en cause l'organisation générale de
l'économie. Les leviers de décision sont restés aux mains des institutions internationales, qui
n’ont pas cédé un pouce de terrain.

« Un examen détaillé des mesures macroéconomiques et d’ajustement structurel figurant dans
les DSRP permet de constater qu’il n’y a pas de remise en cause fondamentale des conseils
formulés dans le cadre de ce que l’on appelle le Consensus de Washington. »

Cnuced, De l'ajustement à la réduction de la pauvreté : qu'y a-t-il de nouveau ?,
26 septembre 2002


A l'issue de ces trois ans de réformes inspirées de l’ajustement structurel, arrive le « point de
décision », afin de déterminer si la dette du pays demeure insoutenable ou non. Par quel moyen ?
Les institutions internationales ont alors décidé – arbitrairement – d'un critère d'insoutenabilité.
L'adjectif « arbitraire » s'impose effectivement : le critère principal pour passer à l'étape suivante
n'a mathématiquement aucun sens ! En effet, le quotient de la valeur actuelle nette144 de la dette
par le montant annuel des exportations doit être supérieur à 150%, ce qui est absurde car on
compare alors un stock de dette (accumulé depuis des années) avec un flux annuel de capitaux,


143 Voir PNUD, Rapport mondial sur le développement humain 2002.
144 La valeur actuelle nette (VAN) de la dette est le stock total de la dette recalculé en tenant compte du fait que certains
prêts ont été contractés à taux réduit. Inférieure à la valeur nominale, cette VAN calcule la valeur qu’aurait la dette si elle
avait été contractée entièrement au taux du marché tout en pesant autant sur les finances du pays.

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Les ouvrages du CADTM déjà parus


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����, Esther Vivas et CADTM, CADTM/Syllepse, 2008

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����, CADTM, CADTM/Syllepse, 2007

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CETIM/CADTM, 2006

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���#� � �, Éric Toussaint, CADTM/Syllepse/CETIM, 2006

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�����, Frédéric Chauvreau et Damien Millet, bande dessinée, CADTM/Syllepse, 2006

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Samuel Chopard, 2006

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����, Damien Millet, CADTM/Syllepse, 2005

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����, Damien Millet et Éric Toussaint, CADTM/Syllepse, 2005

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2, CADTM, CADTM/Syllepse, 2004

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Éric Toussaint, CADTM/
CETIM/Syllepse, 2004

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8�<, Damien Millet, François Mauger, L'Esprit frappeur/CADTM,
2004

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, CETRI en collaboration avec
CADTM, Centre Tricontinental/L'Harmattan, 2003

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���2, Daniela Russi, Ignasi Puig Ventosa, Jesús Ramos
Martín, Miquel, Ortega Cerdà et Paula Ungar, CADTM France, 2003

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�� ����, CADTM/CNCD/CONGAD, 2003

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����, Damien Millet et
Éric Toussaint, CADTM/Syllepse, 2002

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�B����#� �, Éric Toussaint et Arnaud Zacharie,
Syllepse/CADTM, 2002

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��� 4, CADTM/CNCD/CONGAD, 2002

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�"������#� �, Éric Toussaint et Arnaud Zacharie,
Syllepse/CADTM, 2001

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��������� , Éric Toussaint et Arnaud Zacharie, CADTM/Syllepse,
2000

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�������, Éric Toussaint, Editions Luc
Pire/CADTM/ CETIM/Syllepse, 1998

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�����, CADTM, 1998

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����������, Dossier pédagogique, CADTM,
1997

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� ��� ���� ���, CADTM/CIAM/JOCI/GSARA, 1997

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��������� , AFEI/CADTM, 1996

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4, CADTM/GRESEA, 1994

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